Far breton de grand-mère : la recette ultra fondante au beurre salé qu’on ne vous disait pas

Far breton de grand-mère : la recette ultra fondante au beurre salé qu’on ne vous disait pas

Il flotte dans l’air un parfum de nostalgie, une odeur de beurre chaud et de vanille qui nous ramène instantanément aux goûters de notre enfance. Le far breton, ce monument de la pâtisserie régionale, a traversé les âges sans jamais perdre de sa superbe. Pourtant, derrière sa simplicité apparente se cachent de petits secrets, des tours de main transmis de génération en génération, souvent gardés jalousement au creux des grimoires de cuisine familiaux. Aujourd’hui, nous levons le voile sur la recette ultime, celle qui garantit un far à la texture inoubliable, à la fois dense, flan et incroyablement fondant. Le secret ? Il ne réside pas seulement dans les pruneaux, mais dans l’utilisation généreuse et maîtrisée d’un ingrédient totem de la Bretagne : le beurre demi-sel. Préparez-vous à redécouvrir ce classique et à faire de votre cuisine le théâtre d’un petit miracle gourmand.

20 minutes

45 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La préparation des pruneaux, le secret du moelleux

Commençons par nos invités d’honneur : les pruneaux. Pour qu’ils soient bien tendres et parfumés, il faut les réhydrater. Placez-les dans un petit bol et versez dessus le rhum ambré. Si des enfants participent au festin ou si vous n’appréciez pas l’alcool, vous pouvez tout à fait remplacer le rhum par du thé noir bien chaud ou simplement de l’eau tiède. Laissez-les gonfler tranquillement pendant que vous préparez le reste. Cette étape, bien que simple, est cruciale pour éviter que les pruneaux n’absorbent l’humidité de la pâte pendant la cuisson.

2. La confection de l’appareil à far, l’art d’éviter les grumeaux

Dans un grand saladier, versez la farine, le sucre en poudre, le sucre vanillé et la pincée de sel. Creusez un puits au centre, comme un petit volcan. Cassez-y les œufs un par un. À l’aide d’un fouet, commencez à mélanger doucement les œufs au centre, en incorporant petit à petit la farine des bords. Une fois que vous obtenez une pâte épaisse et homogène, il est temps d’ajouter le lait. Le secret ici est de le verser en filet, très progressivement, tout en continuant de fouetter énergiquement. Votre pâte doit devenir lisse et liquide, semblable à une pâte à crêpes un peu plus épaisse. Ne vous précipitez pas, c’est le gage d’une texture parfaite.

3. Le beurre noisette, la touche magique de grand-mère

Voici le secret que l’on ne vous disait pas. Prenez vos 60 grammes de beurre demi-sel. Coupez-en 20 grammes pour beurrer généreusement votre moule. Faites fondre les 40 grammes restants dans une petite casserole à feu moyen. Ne le quittez pas des yeux. Le beurre va chanter, crépiter, puis une délicieuse odeur de noisette va envahir votre cuisine. C’est le signal ! Votre beurre a pris une belle couleur ambrée, c’est ce qu’on appelle un beurre noisette (un beurre cuit jusqu’à ce que le petit-lait qu’il contient caramélise, lui donnant une couleur et un arôme de noisette). Retirez-le immédiatement du feu et versez-le dans votre appareil à far tout en remuant. C’est cette étape qui donnera à votre dessert ce goût inimitable et ce fondant incomparable.

4. L’assemblage et la cuisson lente

Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Égouttez les pruneaux et répartissez-les harmonieusement dans le fond de votre plat préalablement beurré. Versez délicatement la pâte par-dessus. Enfournez pour environ 45 à 50 minutes. Le far est cuit lorsqu’il est bien doré sur le dessus et que la lame d’un couteau plantée au centre ressort propre. Laissez-le tiédir avant de vous laisser tenter. La patience est une vertu, surtout en pâtisserie.

Philippe Peberat

Mon astuce de chef

Pour une texture encore plus fine et fondante, laissez reposer votre pâte à far pendant une à deux heures à température ambiante avant d’y incorporer le beurre noisette et de procéder à la cuisson. Ce temps de repos permet à l’amidon de la farine de gonfler, ce qui détend le gluten et offre un résultat final beaucoup plus soyeux en bouche.

L’accord breton par excellence

Un dessert si authentique appelle une boisson de caractère. Servez une bolée de cidre brut artisanal de Bretagne pour un accord classique et rafraîchissant qui contrastera avec la richesse du far. Pour les plus audacieux, un petit verre de Chouchen, l’hydromel breton, soulignera les notes miellées des pruneaux. Pour une version sans alcool, un jus de pomme fermier fraîchement pressé sera absolument parfait.

L’info en plus

Le far breton, bien plus qu’un simple gâteau, est un pan de l’histoire culinaire de la Bretagne. À l’origine, il s’agissait d’une bouillie de blé ou de sarrasin servie en accompagnement des plats de viande, une sorte de « far salé ». Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il se transforme en dessert, s’enrichissant de sucre, d’œufs et de lait. L’ajout des pruneaux est également relativement récent. En effet, les pruneaux, venant d’Agen, arrivaient en Bretagne par bateau, ce qui en faisait un produit de luxe que l’on ajoutait pour les grandes occasions. Aujourd’hui encore, le débat fait rage entre les puristes : le « vrai » far breton, est-il avec ou sans pruneaux ?

Imprimer

×
Groupe WhatsApp